Pêche illégale dans le monde : l’UE est en première ligne pour agir

21 novembre 2011
La pêche illégale représente environ 15 % des prises mondiales soit entre 11 et 26 millions de tonnes chaque année. Espèces halieutiques gravement menacées, sécurité alimentaire mise à mal, répercussions sur l’emploi, lourdes pertes économiques, absence de traçabilité pour les consommateurs… Cette pratique criminelle va à l’encontre d’une gestion soutenable des ressources marines. Pour la combattre, le Parlement européen vient d’adopter le rapport de l’écologiste Isabella Lövin.
Les deux-tiers des océans ne relèvent d’aucune juridiction nationale, les zones économiques exclusives ne s’étendant qu’à 200 milles nautiques des côtes des Etats. Il appartient donc aux grandes organisations internationales (comme l’Union européenne, les Nations unies ou les organisations régionales) de développer une stratégie globale et commune pour préserver les ressources halieutiques et protéger l’environnement marin. « C’est à l’Union européenne de faire davantage en vue de promouvoir efficacement cette coopération internationale pour lutter contre la pêche illégale », estime Isabella Lövin, une eurodéputée suédoise, membre du groupe des Verts/ALE, dont le rapport consacré à cette pratique criminelle a été adopté en session plénière du Parlement européen, le jeudi 17 novembre 2011.

« Nous devons garantir que les opérateurs sans scrupules ne puissent pas simplement changer le drapeau de leur navire pour éviter leurs responsabilités, poursuit l’écologiste. Alors que de nombreux stocks de poissons sont déjà sérieusement menacés dans le monde entier, la pêche illégale pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. » Son rapport propose ainsi davantage de transparence et la fermeture des marchés aux produits issus de la pêche illégale. Il impose des sanctions aux Etats négligents, il exige d’assimiler la pêche illégale à des activités criminels et enfin, il appelle à une plus grande coordination entre les différents acteurs. En votant ce texte, les eurodéputés prônent la mise en place d’une liste noire mondiale des navires pratiquant la pêche illégale ainsi que la multiplication des inspections en mer. Ils préconisent également l’interdiction des transbordements, l’utilisation obligatoire de systèmes de surveillance de navires par satellite et le renforcement des organisations régionales de gestion de la pêche.

Pour Jean-Paul Besset, eurodéputé EELV, qui est également membre de la commission Pêche du Parlement, « l’Union européenne a la responsabilité de prendre des initiatives au niveau mondial car elle importe plus de 60 % des ressources halieutiques pour sa consommation. » « Nous devons soutenir le contrôle international des pêcheries afin que celles qui agissent dans l’illégalité soient arrêtées, comme n’importe quel crime organisé », conclut-il.

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