Pour en finir avec l’Europe forteresse

Six eurodéputés écologistes français, belges, néerlandais et espagnol, se basant sur les textes fondateurs de l’Union européenne, « veulent inscrire le débat de l’ouverture des frontières à l’agenda politique. Pour que plus jamais un petit Aylan ne s’échoue à nos portes, finissons-en une fois pour toutes avec l’Europe des forteresses».
« L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes. »

En se rappelant l’article 2 du Traité de Lisbonne, texte fondateur de l’Union européenne, on est en droit de s’attendre à ce que les responsables politiques issus de tous les partis démocratiques, et au-delà des clivages partisans, se montrent à la hauteur d’une situation inédite depuis la deuxième guerre mondiale. Pourtant, alors que le Liban (4 millions d’habitants) accueille actuellement plus d’1 million de réfugiés, les dirigeants européens se chamaillaient en mai dernier sur l’accueil de 40.000 personnes dans une Union européenne qui en compte 500 millions. 40.000 personnes, c’est moins que la capacité du Stade Roi Baudouin…

Qu’il est loin l’esprit de la convention de Genève ! Aujourd’hui, face à des milliers d’êtres humains qui fuient la guerre et la barbarie, des responsables politiques agitent le spectre de l’invasion, attisent la crainte, et construisent des murs réels ou virtuels aux frontières de l’Europe. Tétanisés par leur extrême-droite et une opinion publique formatée par des années de discours faisant de l’immigration « un problème », certains leaders tournent le dos à leur devoir moral, celui de sauver des vies. Ils refusent également d’assumer les conséquences de leurs politiques étrangères et, pour certains, de leur statut de pays producteur d’armes. Et, dans un horrible choix politicien, ils laissent la Méditerranée, creuset de civilisations, se transformer en gigantesque cimetière où sombrent par milliers celles et ceux qui croyaient rejoindre une terre de paix. Et avec eux, c’est l’idéal européen tout entier qui sombre, avec ses valeurs d’humanisme et de solidarité.

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