Rapport de progrès Turquie : le Parlement européen exprime son inquiétude pour la démocratie en Turquie mais maintient son soutien au processus de négociations

12 mars 2014
Le Parlement européen a adopté ce mercredi 12 mars sa résolution sur le rapport de progrès 2013. À l’issue des votes, Hélène FLAUTRE, députée européenne (Groupe Verts/ALE), co-présidente de la Commission parlementaire mixte UE-Turquie, a déclaré :

« Au moment même où le Parlement européen débattait de la situation en Turquie, des foules se rassemblaient dans les rues des grandes villes turques pour commémorer la mort d’un jeune homme, Berkin Elvan, victime d’un tir policier pendant la dure répression des manifestations de Gezi en juin dernier. Ces manifestations nous rappellent l’urgence des demandes de la population turque en faveur de l’État de droit, des libertés fondamentales et de la démocratie participative.

L’État de droit en Turquie traverse actuellement une grave crise et l’aggravation des tensions inquiète fortement les amis de la Turquie. Les révélations qui se multiplient sur les allégations d’interventions du pouvoir exécutif dans les médias et la justice jettent une lumière crue sur les dérives du gouvernement.

Dans ces conditions, le Parlement européen a fermement critiqué les récents reculs démocratiques en Turquie, notamment la nouvelle loi sur internet, la contre-réforme judiciaire et l’interventionnisme arbitraire de l’exécutif.

Mais il a aussi réaffirmé la nécessité de relancer le processus de négociations, qui reste le meilleur levier de l’Union Européenne pour exercer de l’influence en Turquie. Les normes européennes sont les meilleures références pour des réformes démocratiques en Turquie.

Le Parlement européen a une nouvelle fois demandé que les États membres décident l’ouverture des chapitres 23 et 24 des négociations, sur la justice et les droits fondamentaux. Le blocage unilatéral du processus de négociations par certains États membres a profondément affaibli les partisans de la voie européenne en Turquie et ce blocage doit cesser.

C’est précisément en période de difficultés que l’Europe doit affirmer avec force son engagement en Turquie. Il serait particulièrement contreproductif que d’aucuns « profitent » de la crise pour mettre un terme à un processus dont ils cherchent à se débarrasser depuis quelques temps.

Le Parlement européen a réaffirmé son soutien au processus de paix kurde. Il faut aussi féliciter la Turquie pour les conditions d’accueil des réfugiés syriens et l’encourager à maintenir sa frontière ouverte.

Je demande enfin au gouvernement turc de tout faire pour assurer le bon déroulement des élections municipales du 30 mars, et d’agir pour faire cesser les attaques dont sont l’objet les locaux du parti HDP. »

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