Soutien à Erri de Luca, lanceur d’alerte et « saboteur » utile au débat d’idées

Mercredi 28 Janvier s’ouvre le procès à Turin en Italie de l’écrivain Erri de Luca, accusé d’incitation au sabotage pour avoir dit qu’il fallait « saboter le chantier du tunnel ferroviaire Lyon-Turin ». Il encourt 5 ans de prison.

Suite à ses déclarations et à la plainte déposée par Lyon Turin Ferroviaire, il a publié un pamphlet au titre lourd de sens : La parole contraire. Dans ce livre, il affirme que « Les procureurs exigent que le verbe “saboter” ait un seul sens. Au nom de la langue italienne et de la raison, je refuse la limitation de sens. Il suffisait de consulter le dictionnaire pour archiver la plainte sans queue ni tête d’une société étrangère. J’accepte volontiers une condamnation pénale, mais pas une réduction de vocabulaire.»

Dans un contexte où nos dirigeants européens ont marché ensemble à Paris il y deux semaines pour défendre la liberté d’expression, les eurodéputés Karima Delli, Michèle Rivasi et Jose Bové tiennent à marquer leur soutien envers l’écrivain.

Pour eux, « Ce lanceur d’alerte est poursuivi pour délit d’opinion, pour museler sa liberté de s’indigner. Nous avons besoin d’intellectuels culotés prêts à se lancer dans la désobéissance citoyenne quand le bien commun est menacé ».

Pour Karima Delli, Michèle Rivasi et Jose Bové :

« Erri de Luca, en tant qu’intellectuel, a utilisé sa parole, ses écrits et son engagement pour exprimer son opinion et aider à défendre les citoyens et citoyennes qui se battent contre le projet Lyon-Turin. Aujourd’hui, le condamner en justice reviendrait à saboter notre droit d’expression à toutes et à tous.

Nous aussi, en tant que parlementaires européens, nous utilisons nos moyens, politiques, législatifs, pour « saboter » dans le cadre institionnel, un projet qui va contre l’intérêt économique, social et environnemental des européens ; c’est la force de notre conviction, et c’est la démocratie et l’opinion qui nous donneront ou non raison. »

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2 commentaires

  • MASTRE dit:
     - 

    J’ai lu son livre, « la parole contraire », le lendemain de l’assassinat des Charlie Hebdo. Page 33 on trouve ceci : « le 28 janvier 2015, dans la salle du tribunal de Turin, ce n’est pas de la liberté de parole qu’on débattra. Celle qui est obséquieuse est toujours libre et appréciée. C’est de la liberté de parole contraire, inculpée pour cette raison, qu’on débattra ».

    Voilà, tout y est.
    C Mastre

  • CLERGEAU-LE GOAËR dit:
     - 

    Et voilà ! La liberté d’expression existe : il faut juste que l’expression conforte les décisions prises par les instances dites supérieures et surtout pas qu’elle s’y oppose, sinon, selon les dirigeants politiques et certains magistrats ça devient illicite voire illégal, la liberté d’expression !!
    Ou tout l’art du « tu peux t’exprimer, tu as le droit, mais dans ton intérêt, tais-toi !! »

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