Tonio Borg, un futur commissaire européen à la santé déjà controversé

Tonio Borg, le candidat choisi par Malte pour remplacer le démissionnaire John Dalli à la fonction de Commissaire européen à la santé, a été auditionné le 13 novembre, au Parlement européen. Sa nomination doit en effet être approuvée par les eurodéputés pour devenir effective. Pour le groupe des Verts/ALE, les positions ultra-conservatrices de cet ancien avocat, vice-Premier ministre et Ministre des affaires étrangères maltais pourraient poser problème.
Le 16 octobre dernier, John Dalli démissionnait de ses fonctions après avoir été mis en cause dans une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf). Le Maltais est soupçonné de corruption et de trafic d’influence. Pour le remplacer au sein de la Commission européenne, la candidature de son compatriote Tonio Borg a été avancée. Certaines associations s’y opposent et dénoncent notamment ses prises de position particulièrement rétrogrades pour les droits des femmes et la dignité humaine. En 2004, le Parlement européen avait bloqué la nomination de l’italien Rocco Buttiglione, qui considérait l’homosexualité comme « un péché ».

Nicole Kiil-Nielsen, eurodéputée EELV membre des commissions Femmes et Droits de l’homme, apporte tout son soutien à l’appel lancé par des associations européennes.

« En se réfugiant derrière le principe de subsidiarité sur des thèmes centraux comme le droit à l’avortement, le divorce, et avec une défense peu convaincante sur le sujet des droits des LGBT, M. Borg est à contre-courant des valeurs des droits humains et d’égalité entre les femmes et les hommes défendues par l’Union européenne. Il est impératif que dans cette période de crise, l’Union reste un espace progressiste et ne se renie pas dans le choix de ses commissaires. »

Michèle Rivasi, eurodéputée EELV, s’interroge sur la personnalité de Tonio Borg :

« Lorsqu’il était Ministre des affaires étrangères, le gouvernement maltais a approuvé la déportation de 220 Erythréens de retour dans leur pays, où ils ont été emprisonnés et torturés. Tonio Borg a également manqué de volonté pour appliquer les recommandations de l’ancien Commissaire aux droits de l’homme Alvaro Gil-Robles sur les pratiques de détention des migrants à Malte. Il a également soutenu la politique de l’Italie visant à repousser les migrants en mer vers la Libye. Nous devons donc rester très vigilants et nous assurer qu’en tant que futur Commissaire il n’aille pas à l’encontre des droits de l’homme, valeurs fondatrices et universelles de l’Union Européenne. »

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