Tragédie Rana Plaza au Bangladesh : civiliser le commerce

Deux après la catastrophe du Rana Plaza à Dacca, la plus grande jamais survenue dans une usine textile, l’indemnisation des familles des victimes se fait attendre. Le Parlement européen en débattra lundi à Strasbourg et adoptera une résolution le mercredi 29 mai :

L’eurodéputée Karima Delli, rapporteuse du Parlement européen sur la Stratégie européenne pour la santé et la sécurité au travail, Membre de la délégation UE-Inde a déclaré:

« Plus de 1 100 morts ! Voilà le chiffre macabre qu’il a fallu attendre pour que l’opinion internationale s’intéresse enfin au sort des ouvriers du Bangladesh. Le Rana Plaza c’est la catastrophe de trop après laquelle, en Europe, on a commencé à voir autre chose que les « seulement 20 euros » pour une robe ou une veste tendance chez telle ou telle marque.

Deux ans après sa création, le fonds de compensation pour les familles des victimes reste insuffisant. La plupart des acteurs du secteur textile continuent de se décharger de toute responsabilité en refusant d’alimenter ce fonds. En premier lieu, les responsables de la construction et les confectionneurs du complexe Rana Plaza. Mais également les dirigeants des marques dont les produits étaient fabriqués au sein de cette usine.
Il faut changer la législation européenne pour rendre les maisons-mères responsables des pratiques indignes, voire esclavagistes, de leurs sous-traitants. On ferait ainsi d’une pierre deux coups, en évitant la délocalisation de la production vers des pays où les conditions de travail sont inacceptables.
 »

Pour Yannick Jadot, vice-Président de la Commission du Commerce international:

« Avec cette commémoration, c’est le débat sur la responsabilité des entreprises qui revient sur la table. L’UE et ses États ne peuvent continuer à cautionner les entreprises dont l’unique règle est d’engranger un maximum de profits.

La transparence doit s’appliquer à tous les niveaux de la chaîne de production pour que la notion de responsabilité, tant des acteurs du secteur que des consommateurs, prenne un sens. « Civiliser » les industriels et nos habitudes de consommation, c’est permettre un développement durable des pays émergents. C’est un enjeu démocratique global.

La mise en oeuvre du pacte de durabilité liant l’Union européenne, Le Bangladesh, les États-Unis et l’Organisation internationale du travail (OIT) est essentielle pour améliorer les conditions de travail et responsabiliser les entrepreneurs du secteur de la confection. La régulation de la mondialisation est le seul moyen d’empêcher l’exploitation dans les pays tiers et d’arriver à une rétribution juste du travail. »

Sur le drame du Rana Plaza, vidéo également de l’eurodéputé Europe Ecologie Pascal Durand

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