Consommation et environnement : contre l’obsolescence programmée, pour des produits durables

4 juillet 2017

Le Parlement européen a adopté un rapport d’initiative, porté par Pascal DURAND, visant à l’allongement de la durée de vie des produits au bénéfice des consommateurs et des entreprises, de leurs salariés et de l’environnement.

C’est la première fois que l’Union européenne s’empare de la problématique de la durée de vie des objets et des logiciels. Ce rapport fait suite à une opinion du Comité social et économique européen adoptée en septembre 2013 qui soulignait la nécessité de travailler sur la question de la durée de vie des produits.

Une étude d’impact sur les avantages liés à la promotion de la durabilité des produits menée pour la commission Marché intérieur et Protection des Consommateurs du Parlement européen a fait valoir les effets bénéfiques pour les consommateurs, bien sûr, mais également pour les industriels et les distributeurs d’un allongement de la durée de vie des produits.

Une large concertation avec l’ensemble des parties prenantes a également montré qu’il existe, aujourd’hui un consensus sur ce sujet qui dépasse largement le périmètre écologiste. C’est sur cette base qu’a été construit ce rapport d’initiative qui reprend les différentes pistes d’actions et interpelle la Commission européenne sur ce sujet qui crée de plus en plus d’attente chez nos concitoyens.

Pour Pascal DURAND, auteur de ce rapport d’initiative :

« En adoptant ce rapport d’initiative à une très large majorité, le Parlement positionne l’UE pour la première fois sur la problématique de la durée de vie des produits et montre qu’il existe aujourd’hui un consensus sur ce sujet qui dépasse largement le périmètre écologiste. Il a cependant fallu être très pédagogue pour porter ce rapport au sein du Parlement car l’opposition traditionnelle entre « compétitivité » et « environnement » est encore très présente.

Nous ne pouvons pourtant plus ignorer les conséquences environnementales, sociales et économiques de cette société du jetable, qu’il s’agisse de l’épuisement des ressources, des émissions liées au transport, de l’augmentation exponentielle des déchets, de la délocalisation des emplois industriels ou la perte d’emplois locaux dans la réparation ou le service, de l’exploitation sociale des travailleurs du sud, de l’appauvrissement des ménages qui acquièrent des produits de faible qualité et de la perte de confiance des consommateurs . Cette situation n’est pas soutenable.

Il est nécessaire d’aborder la question de la durabilité des produits dans sa globalité, en abordant toutes les étapes du cycle de vie des objets : dès la conception avec des critères de résistance minimum et un soutien aux industriels cherchant à améliorer la durabilité de leurs produits, par un renforcement de l’information au consommateur lors de l’achat sur la durée de vie des produits et leur usage; Il faut renforcer la réparabilité des produits, informer sur la disponibilité des pièces détachées et enfin soutenir activement des modèles économiques tournés vers l’usage et plus circulaires, en s’inspirant de modèles européens qui fonctionnent, comme la Suède avec une incitation fiscale sur les réparations

Ce rapport appelle également à la définition et à l’interdiction de l’obsolescence programmée frauduleuse et s’attaque au problème de l’obsolescence logicielle qui conditionne la durée de vie de nombreux biens de consommation, notamment informatiques et de téléphonie, afin de restaurer la confiance des consommateurs et permettre un usage prolongé des objets.

Son adoption à une large majorité est un signal fort du Parlement à la Commission pour qu’elle se saisisse de cette problématique de la durabilité et soutienne de nouveaux modèles économiques plus durables. »

Notre flyer sur le sujet (à télécharger ici en pdf) :

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