La stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes doit répondre aux besoins de toutes les femmes en Europe

Ce jeudi 21 janvier, le Parlement européen adoptera son rapport sur la stratégie européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes proposée par la Commission en mars dernier.

Le rapport salue les objectifs stratégiques proposés par la Commission pour les cinq années à venir afin de renforcer les droits des femmes et l’égalité entre les genres dans l’Union européenne. Il souligne néanmoins un certain nombre de lacunes de cette stratégie qui demeure encore trop floue quant à ses objectifs et manque de mesures concrètes.

Ce rapport condamne, par ailleurs, avec fermeté, la violence contre les femmes et les enfants. Il insiste, notamment, sur la nécessité de ratifier la Convention d’Istanbul et de renforcer la législation contre les délits sexuels au profit des victimes.

Déclaration de Gwendoline Delbos-Corfield, vice-présidente du groupe Verts/ALE, membre de la commission Droits des femmes et égalité des genres :

« Il est indispensable de proposer des actions concrètes pour les femmes particulièrement vulnérables aux multiples discriminations et celles qui sont les plus marginalisées.

Ce rapport arrive à un moment critique et invite la Commission à agir concrètement pour répondre aux besoins de toutes les femmes en Europe.

Le groupe des Verts/ALE réclame de longue date la prise en compte du lien entre les changements climatiques et le genre. Nous savons que les changements climatiques ont des conséquences particulièrement lourdes sur les vies des femmes. Ce rapport appelle donc la Commission à respecter l’engagement du plan d’action renouvelé pour l’égalité entre les femmes et les hommes adopté lors de la COP25 et à inclure la perspective du lien entre les changements climatiques et le genre.

La pandémie COVID-19 a aggravé les inégalités existantes. Nous devons dénoncer ces États membres qui, comme la Hongrie et la Pologne, ont instrumentalisé la crise sanitaire pour limiter les droits sexuels et reproductifs, s’attaquer aux droits des personnes transgenres ou encore tourner le dos à la lutte contre la violence fondée sur le genre.

Ce rapport condamne également avec fermeté la violence contre les femmes et les enfants. Il réitère la demande du Parlement de ratifier la Convention d’Istanbul et insiste sur le renforcement de la législation contre les délits sexuels au profit des victimes.

Il préconise également le soutien aux orphelinats et aux foyers d’accueil des victimes de violences, fragilisés par la pandémie COVID-19, afin d’empêcher qu’elles ne soient contraintes de retourner chez leur agresseur.

Les mutilations génitales féminines, l’avortement et la stérilisation forcés, le mariage précoce et forcé, ou autres pratiques préjudiciables aux femmes et aux filles, sont clairement condamnés.

Enfin, le rapport souligne explicitement que les rapports sexuels doivent toujours être volontaires. La Commission est donc invitée à adresser des recommandations à tous les États membres afin qu’ils modifient la définition du viol dans leur législation nationale de manière à le fonder sur l’absence de consentement. »

 

Contexte

Les Verts/ALE ont travaillé à l’introduction de l’intersectionnalité comme principe horizontal et à la reconnaissance des multiples menaces de discrimination. Ils demandent à la Commission d’établir des lignes directrices explicites pour leur mise en œuvre.

Le rapport demande également à la Commission d’inclure la dimension de genre et l’intersectionnalité à tous les stades de la conception des politiques de l’Union européenne.
Le rapport se félicite de l’initiative visant à étendre les domaines de la criminalité pour y inclure des formes spécifiques de violences fondées sur le genre, conformément à l’article 83, paragraphe 1, du Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE). Il insiste également pour que ces nouvelles mesures législatives soient complémentaires à la ratification de la Convention d’Istanbul.
Le rapport appelle à la mobilisation contre les régressions dans les domaines de l’égalité des genres et des droits des femmes au sein de l’Union européenne. Il considère que les entraves aux droits sexuels et reproductifs, dont l’avortement, constituent une forme de violence fondée sur le genre

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