Marche des Cobayes : premier bilan

Michèle RIVASI a organisé avec un collectif composé d’une centaine d’associations de victimes et de défense de la Santé-environnement une Marche vérité et justice pour la santé environnementale baptisée « les cobayes lancent l’alerte » qui a reliée Fos-sur-mer à Paris entre le premier mai et le 30 juin. Cette marche a fait des étapes communes avec le Tour Alternatiba à Vierzon, et à Lyon avec la Marche des Migrants. Karima DELLI, Pascal DURAND et Yannick JADOT ont également rejoint la marche sur plusieurs étapes.

Les cobayes ont marché pour ne plus mourir empoisonnés / asphyxiés / intoxiqués ; pour en finir avec la malbouffe, les pollutions, l’exposition des salariés sentinelles et des citoyens aux produits toxiques et aux lobbys industriels qui nous empoisonnent.

Ils ont marché pour :

  1. Rassembler les personnes isolées, invisibles et victimes dans leur travail, dans leur lieu de vie, dans leur alimentation, dans leurs soins… de produits toxiques, de produits de santé défectueux, de polluants dangereux…
  2. Créer un mouvement citoyen et un éveil des consciences contre l’inertie des pouvoirs publics en matière de santé environnementale
  3. Faire entendre la voix des victimes du système et de la capture scientifique et réglementaire des lobbys sur nos vies
  4. Contraindre à l’action les pouvoirs publics sur cette quatrième crise écologique, la crise sanitaire et environnementale qui compromet notre futur et celui des générations à venir
  5. Réclamer Justice / réparation / reconnaissance / indemnisation des victimes de la crise sanitaire et environnementale avec l’inversion de la charge de la preuve (ce doit être à l’industriel de prouver l’innocuité de son produit et non à la victime de prouver le lien de causalité entre sa pathologie et le facteur de pollution ou le produit toxique)
  6. Exiger une recherche, une expertise et une justice indépendante et refonder toutes les méthodes d’évaluation et d’homologation avec un contrôle citoyen
  7. Renforcer la protection de la santé au travail en rétablissant les CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Arrivée à Paris le 30 juin et à Strasbourg le 3 juillet devant le Parlement européen, la Marche des cobayes a rassemblé plusieurs milliers de personnes (environ 10 000) tout au long de son parcours (1 100 km et 60 étapes).

Une délégation de la Marche des cobayes a été reçue lundi 2 juillet par le cabinet de Nicolas Hulot. Cela a été l’occasion de porter à la connaissance du ministre nos principales revendications : mise en place d’États généraux de la santé environnement, création de 3 centres spécialisés en médecine environnementale dont un à Marseille, reconnaissance du crime industriel et environnemental, pour changer de paradigme et passer d’une logique médicale curative à une logique préventive prenant en compte les nouveaux facteurs de risque environnementaux. Ce dernier point est pour nous essentiel à la veille de l’Assemblée de l’ONU en septembre qui doit se prononcer sur l’objectif de réduction de 30% des maladies chroniques en pleine explosion dans les décennies à venir.

Une autre rencontre a eu lieu au Parlement européen suite au rassemblement de la Marche des cobayes en matinée devant l’institution européenne pour l’ouverture de la session plénière estivale.

Un accord s’est toutefois esquissé quant à la mise en débat d’une résolution pour épouser les objectifs de l’OMS qui seront débattus en septembre lors de l’Assemblée générale de l’ONU pour réduire de 30% les décès prématurés souvent liées à des facteurs environnementaux et des polluants tels que les perturbateurs endocriniens.

La Marche des cobayes appelle au terme de cette folle aventure tous les acteurs rencontrés lors de la Marche, les associations et ONG travaillant dans le champ de la santé environnementale, les scientifiques et les personnalités politiques qui nous ont soutenus depuis le début à une journée de travail le 22 septembre à Paris pour dresser le bilan et envisager des perspectives communes pour poursuivre et renforcer la mobilisation citoyenne contre les lobbys industriels qui nous empoisonnent et des pouvoirs publics qui démissionnent et qui restent passifs face à la crise sanitaire qui frappe des populations intoxiquées par les diverses sources de pollution.

Plus que jamais nous sommes déterminés à agir pour la santé et l’environnement et pour en finir avec les permis de tuer délivrés aux industries et aux multinationales.


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