Procès des 7 de Briançon : stop au délit de solidarité !

5 novembre 2018

Pour avoir aidé des migrants en danger dans les Alpes, 7 jeunes risquent 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende. Leur procès a débuté le 8 novembre au tribunal de Gap. Une partie d’entre eux a été arrêtée le 22 avril dernier, à l’issue d’une marche solidaire visant à dénoncer le happening du groupuscule Génération Identitaire qui menait une opération spectaculaire au col de l’Échelle près de Briançon. Réaction de Michèle RIVASI.

Le chef d’accusation à leur encontre est « Aide à l’entrée sur le territoire français d’étrangers en situation irrégulière, le tout en bande organisée. » Aujourd’hui, en France, un acte de solidarité continue d’être passible d’une aussi lourde peine pénale. C’est scandaleux ! Le délibéré sera rendu le 13 décembre prochain.

Michèle RIVASI déclare :

« Je tiens à apporter ma solidarité pleine et entière pour ces personnes qui n’ont fait que leur devoir moral d’humanité face à l’ignominie et l’inhumanité des politiques migratoires européenne et nationale.

Cet été, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision sur le délit de solidarité et le devoir de fraternité sans que les poursuites pénales ne tombent.
Il a en effet reconnu que la solidarité nécessitait d’apporter une aide humanitaire ponctuelle côté français à celles et ceux qui, au péril de leur vie, parviennent à franchir la frontière. C’est le devoir de fraternité. Cette même fraternité dont se réclament les poursuivis devant être jugés cette semaine.

Retenu à Bruxelles au Parlement européen je ne pourrai malheureusement pas me rendre à Gap mais y serai représentée par l’un de mes assistants. J’irai prochainement dans le briançonnais voir comment sont traités les migrants qui arrivent, au péril de leur vie à passer la frontière comme je l’ai fait au printemps à la frontière à Vintimille.

En écho а la récente décision du Conseil constitutionnel qui a reconnu la fraternité comme un principe constitutionnel, je demande :

  • la relaxe pure et simple des 7 de Briançon ;
  • la fin de la répression policière et de la criminalisation judiciaire envers les personnes qui viennent en aide aux personnes migrantes ;
  • l’arrêt immédiat des violences policières dont sont victimes les personnes exilées а la frontière et le respect de leurs droits humains fondamentaux.

Soyons toutes et tous solidaires avec les 7 de Briançon. Toutes et tous mobilisons nous contre le délit de solidarité. Toutes et tous refusons que l’on traite comme des délinquants en bande organisée les personnes qui s’organisent pour porter secours à ceux qui fuient la misère et les persécutions.

Signons la pétition de la Cimade en leur soutien.

Vive les passeurs d’humanité ! Nos droits, nos valeurs et nos libertés ne peuvent être sacrifiées sur l’autel du repli sécuritaire et identitaire. »

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