20 minutes – Taxe carbone, d’accord ou pas?

2 septembre 2009
Article paru dans 20 minutes

La taxe carbone est-elle une énième taxe qui va grever les finances des ménages ? Le débat déclenché vendredi par la socialiste Ségolène Royal continuait de faire rage hier alors que les modalités de cet impôt sur l’énergie (gaz, fioul, électricité, carburants, etc.) restent à définir, notamment le montant et l’utilisation des recettes.

La taxe carbone est une promesse de campagne du Président, remise sur le tapis au lendemain du score élevé des Verts aux élections européennes. Toutefois, sous la pression des associations de consommateurs, le gouvernement a repris son projet. Le prix envisagé à l’origine, de 32 euros par tonne de CO2 émis, a été revu à 15 euros. Par exemple, 3 centimes de taxe par litre d’essence, au lieu de sept. Par ailleurs, il n’est plus question d’utiliser l’argent pour réduire les charges des entreprises. Il serait redistribué aux ménages les plus modestes en attendant le développement d’énergies et de moyens de transport moins polluants. Cette « compensation », dont les critères ne sont pas connus, aura lieu « la même année, sur la feuille d’impôts ou la feuille de salaire », a précisé hier Bercy. L’UMP est soutenue par une partie des écologistes. Pour le leader d’Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, la fiscalité écologique est « une urgence ».

En torpillant la taxe carbone, accusée « d’assommer » ceux qui « n’ont pas le libre choix de rouler propre », Ségolène Royal a semé la panique à gauche. « Le travailleur, à une heure et demie de son boulot à qui on ne propose pas un transport en commun, ce serait un comble qu’il soit la victime ! », s’est indigné le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë. « Nous voulons une fiscalité écologique, mais pas de cette taxe carbone telle qu’envisagée par l’UMP, inefficace et injuste », a rectifié la première secrétaire du PS, Martine Aubry, lui reprochant de « taxer peu les entreprises et les gros pollueurs ». En fait, la taxe carbone sera payée par tous, y compris les entreprises, mais elle ne cible pas particulièrement les gros pollueurs, qui paient déjà des quotas pour leurs émissions de CO2. [*Pascal Canfin*], député européen d’Europe Ecologie, propose un « chèque vert » en contrepartie de la taxe, pour « payer les transports en commun ou acheter des produits disposant de l’écolabel européen ».

La taxe carbone va « carboniser le pouvoir d’achat sans apporter une solution durable contre le réchauffement climatique », a estimé hier Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste, réclamant « un grand débat national ». « Avant de taxer les ménages, il faut taxer les compagnies pétrolières et Total », a insisté de son côté Ségolène Royal, dénonçant le « consensus mou » sur ce dossier, y compris au PS. La présidente PS de la région Poitou-Charentes a préconisé « un plan massif de développement des voitures électriques », l’application du « principe pollueur-payeur » et le développement du système « bonus-malus ». Selon l’ex-candidate à l’Elysée, « le gouvernement va être obligé de revoir sa copie parce que les Français n’acceptent pas qu’on instrumentalise l’écologie uniquement pour leur faire payer un nouvel impôt parce que les caisses de l’Etat sont vides ».

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