Vive inquiétude face à l’arrestation des journalistes de Matsadaash en Égypte
Les députés européens Mounir Satouri et Tineke Strik demandent aux autorités judiciaires égyptiennes de garantir le respect des procédures régulières et de communiquer de manière proactive et transparente sur ces arrestations.
Déclaration conjointe de Mounir Satouri, président de la sous-commission « Droits de l’Homme », et de Tineke Strik, rapporteure permanente de la commission AFET pour l’Égypte :
« Nous sommes extrêmement préoccupés par les informations faisant état de l’arrestation, cette semaine, de l’ensemble de la rédaction de Matsadaash, sans qu’aucune information n’ait été communiquée par les autorités concernant les faits reprochés aux six journalistes. Cela porte à 26 le nombre total de journalistes emprisonnés en Égypte. Nous sommes également préoccupés par les informations selon lesquelles les journalistes se seraient vu refuser le droit de contacter leurs familles et leurs représentants légaux.
Tout en respectant l’indépendance des procédures judiciaires de chaque pays, nous soulignons l’importance pour les institutions judiciaires de garantir le respect des procédures régulières dans tous les cas. Nous appelons les autorités judiciaires compétentes à communiquer de manière proactive au public les informations pertinentes concernant ces arrestations et à garantir un accès immédiat à un avocat ainsi qu’aux familles.
Lorsqu’une délégation de la sous-commission « Droits de l’Homme » s’est rendue en Égypte en juillet 2026, les autorités égyptiennes ont engagé un dialogue sur les progrès en matière de liberté de la presse. Ces progrès doivent notamment passer par la libération des journalistes détenus en raison de leur travail. »
Contexte
Les lundi 28 et mardi 29 septembre, six journalistes de Matsadaash ont été arrêtés par les autorités égyptiennes. Les journalistes Mohamed Ashraf Abu Emaira, Abdallah Qadry, Islam Barakat, Mohamed Adel, Mohamed Mohamed Mahmoud et Omar Helal ont été arrêtés au Caire ainsi que dans plusieurs gouvernorats, notamment celui de Gharbiya et de Port-Saïd, et leurs domiciles ont été perquisitionnés par les forces de sécurité.
Selon l’Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), dont les avocats représentent les journalistes, aucun d’entre eux n’a été autorisé à contacter sa famille ou son équipe juridique. Selon les informations rapportées par les médias, les autorités n’ont pas encore indiqué où les six journalistes sont détenus ni les raisons de leur détention.
Dans un communiqué, Matsadaash a déclaré :
« L’ensemble de l’équipe éditoriale de la rédaction de Matsadaash est désormais détenu – une situation sans précédent pour la plateforme, qui soulève de sérieuses questions quant aux mesures prises à l’encontre de toute une rédaction et de ses journalistes, notamment en l’absence de toute explication claire concernant cette escalade ou son fondement juridique. »
Cela porte à 26 le nombre total de journalistes emprisonnés en Égypte.
Matsda2sh, ou Matsadaash (« Ne le crois pas »), est l’un des principaux services de vérification des faits dans le monde arabe. Il a été fondé en 2018 par le journaliste Mohamed Aboelgheit, aujourd’hui décédé. Les journalistes égyptiens travaillant pour Matsadaash effectuent des vérifications de faits, produisent des enquêtes approfondies et réalisent des investigations en sources ouvertes.
Vous pouvez retrouver le communiqué d’origine (en anglais) sur le site de la sous-commission ‘Droits de l’Homme’.
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