2011, année européenne du Volontariat

27 octobre 2009
Mardi 6 octobre 2009:

« La Commission européenne a décidé de faire de 2011 l’Année européenne du volontariat. L’actuelle proposition de décision de la Commission donne suite à la déclaration du Parlement européen du 2 septembre 2008 sur la décision de déclarer 2011 « Année européenne du volontariat ». Elle visera, de manière générale, à encourager et à soutenir les échanges d’expériences et de bonnes pratiques et les efforts accomplis par les États membres, les autorités régionales et locales ainsi que la société civile pour créer des conditions propices au volontariat dans l’Union européenne.

La Commission veut voir dans le volontariat l’expression active d’une participation civique qui vient consolider nos valeurs européennes communes: le volontariat doit permettre d’encourager des valeurs fondamentales telles que la citoyenneté, la solidarité, la défense du bien commun ou encore la non-discrimination. Il joue un rôle important dans des secteurs aussi divers et variés que l’éducation, la jeunesse, la culture, le sport, l’environnement, la santé, l’aide sociale, la protection des consommateurs, l’aide humanitaire, la politique de développement, la recherche, l’égalité des chances et les relations extérieures. Le volontariat peut contribuer également au développement harmonieux de nos sociétés.

Quatre objectifs sont ainsi proposés par la Commission dans sa proposition de décision:

*
1. œuvrer à la mise en place d’un cadre propice au volontariat dans l’Union européenne
2. donner des moyens d’agir aux organisations de volontaires et améliorer la qualité du volontariat
3. récompenser et reconnaître les activités de volontariat
4. sensibiliser l’opinion publique à la valeur et à l’importance du volontariat

Les actions concrètes à mener pour atteindre ces objectifs comprennent des initiatives organisées à tous les niveaux administratifs, communautaire, national, régional et local.

L’année européenne du volontariat 2011 sera en outre dotée d’un budget de 6 millions d’euros. La Commission propose d’y ajouter 2 millions d’euros pour la réalisation des travaux préparatoires, au titre de l’avant-projet de budget 2010.

Tous ces objectifs sont nobles et le volontariat constitue un outil essentiel pour renforcer la cohésion sociale entre les citoyens européens, pour la formation civique, pour la promotion de toutes les valeurs non lucratives, particulièrement nécessaires à notre temps.

Or, au delà de la question des moyens (un budget de 6 millions d’Euros plus deux millions de travaux préparatoires, cela peut apparaître comme dérisoire au regard des enjeux du volontariat), cette année européenne du volontariat doit également être l’occasion d’affirmer ou de réaffirmer certains principes essentiels qui n’apparaissent pas ou ne sont pas suffisamment précisés dans le texte que nous propose la commission:

Tout d’abord, il s’agit de bien se comprendre en précisant ce que l’on entend par volontariat. Ainsi il convient au préalable de clarifier le statut légal du volontariat, en le distinguant du bénévolat et en rappelant que ces deux notions ne doivent pas se substituer à une activité salariée classique ni subvenir aux besoins fondamentaux dans le domaine des services sociaux ou se substituer à l’action publique. Le « volontariat » au sens de la proposition de la commission doit inclure ces deux notions.

Ensuite, c’est un point primordial, cette année européenne du volontariat doit être l’occasion de garantir la protection des volontaires au regard de leur sécurité au travail, de leur santé et de leur protection sociale. Trop de volontaires risquent notamment de subir un accident dans le cadre de leur mission en n’ayant aucune garantie de prise en charge. C’est ce genre de considérations matérielles mais essentielles qui freinent ainsi un certain nombre de nos concitoyens européens, hésitant à franchir le pas du volontariat.

Le volontariat doit également pouvoir s’inscrire pleinement dans un projet professionnel, voire plus largement un projet de vie. Il apparaît ainsi nécessaire de faciliter la validation des acquis de l’expérience et des équivalences dans le cadre d’un cursus de formation et d’insertion professionnelles. En effet, et c’est un autre frein essentiel au développement du volontariat, trop de volontaires vivent dans l’angoisse de ne pas pouvoir se projeter dans l’avenir.

Une autre mesure pertinente serait de faciliter l’accès des organisations de volontaires à des financements suffisants et durables, sans leur imposer de trop lourdes démarches administratives, tout en maintenant les contrôles nécessaires sur les dépenses de l’argent public.

Il s’agit également de lutter contre toutes les formes de discrimination, certains Etats membres interdisant l’exercice du volontariat à leurs résidents étrangers. Le Service Volontaire européen exclut par exemple les ressortissants des Etats Tiers non partenaires de l’Union européenne. L’année 2011 doit être l’occasion d’harmoniser les pratiques vers le haut en permettant à chaque habitant d’un Etat membre, quels que soient son origine et son statut social ou administratif, de pouvoir pratiquer aisément le volontariat.

S’exerçant essentiellement dans des secteurs à but non lucratif, le volontariat doit également permettre de promouvoir des idées et pratiques plus que nécessaires à notre temps, telles que la promotion de la paix, la collaboration Nord-Sud, la protection de l’environnement ou encore le développement et la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire. Ces notions essentielles doivent à mon avis apparaître clairement dans le texte.

Cette année du volontariat, pour être pleinement réussie, doit également se dérouler dans un esprit total de partenariat constant avec les organisations de volontaires. Il s’agit donc de veiller à la création d’un cadre institutionnel stable pour la participation de ces organisations à la concertation publique.

Pour prendre pleinement mesure de l’intérêt du volontariat, on peut également proposer de lui consacrer une catégorie spécifique dans les comptes statistiques d’Eurostat, afin de produire régulièrement des comptes satellite sur les institutions sans but lucratif (ISBL) et d’inclure le travail des bénévoles dans lesdits comptes, afin que les décideurs politiques puissent prendre en considération les ISBL dans l’élaboration des politiques. Voici une mesure concrète et aisément réalisable.

Enfin, pour viser au mieux ces différents objectifs, il conviendrait de lancer à l’occasion de l’année du volontariat la Charte européenne pour les bénévoles, qui établirait le rôle des organisations de volontaires, y compris leurs droits et leurs responsabilités.

Bien entendu, nous ne saurions nous contenter d’une seule année. Il faut poursuivre des objectifs communs pour les activités de volontariat au-delà de l’année européenne du volontariat 2011. Dans sa résolution du 22 avril 2008 sur la contribution du bénévolat à la cohésion économique et sociale, le Parlement européen a déjà recommandé des mesures à prendre par l’Union européenne, les Etats Membres et les autorités régionales et locales selon leurs compétences respectives. Il faut notamment œuvrer à la promotion de la date du 5 décembre comme Journée internationale du volontaire adoptée par l’ONU depuis 1985.

En cette période de crise où le monde du travail se retrouve extrêmement fragilisé un peu partout en Europe, où d’après le Secours populaire français, 78 millions de citoyens européens sont considérés comme pauvres, où l’extension de la précarité fragilise les grands équilibres solidaires, entre les citoyens, entre les générations, au sein même des familles, le volontariat constitue un formidable outil afin d’éviter le délitement du lien social.

Mais le volontariat ne saurait constituer l’alpha et l’oméga d’une politique de lutte contre l’exclusion sociale, n’ayant pas vocation à remplacer une activité salariée et à offrir aux employeurs potentiels une main d’œuvre malléable et bon marché. L’année européenne du volontariat doit être l’occasion de rappeler tout cela, en gardant bien à l’esprit que 2011 succèdera à 2010, Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (2010). »

Karima Delli. Commission développement régional.

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*