Des mesures insuffisantes pour stopper la contagion

27 octobre 2011
Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, les co-présidents du groupe des eurodéputés Verts/ALE, réagissent aux décisions prises lors du Sommet des dirigeants européens de la zone euro sur la dette grecque, la recapitalisation des banques et le fonds européen de stabilité financière (FESF). Selon eux, cet accord risqué n’apportera pas de réponses crédibles à la crise.
« L’accord auquel sont parvenus les dirigeants de l’euro zone permet d’éviter la catastrophe mais n’apporte pas une réponse crédible qui soit à même de mettre un terme à la crise. Les propositions concernant les trois points fondamentaux à régler manquent de clarté, sont insuffisantes, prendront un temps considérable et sont trop dépendantes de la réaction des marchés.

La question consistant à savoir si la recapitalisation des banques sera suffisante reste ouverte. Un délai trop long donné aux banques ne peut qu’engendrer davantage d’incertitude, ce qui dans le contexte actuel est néfaste. De plus, le ratio de 9 % de capitaux propres ne sera probablement pas suffisant comme l’a démontré le cas récent de la banque Dexia. En tout état de cause, les banques ne devraient en aucun cas compter sur les contribuables pour compenser leurs excès. Nous accueillons cependant favorablement le principe selon lequel les banques seront forcées de remettre en question les salaires et les bonus afin de garantir la réussite de ce processus.

La décote proposée de 50 % de la dette grecque est au plus bas de l’échelle des évaluations de ce qui est considéré comme étant nécessaire pour s’assurer que les niveaux de dette seront ramenés à des niveaux soutenables. De plus, le caractère volontariste de l’annulation de la dette ne donnera aucune certitude sur les réductions nécessaires des niveaux d’endettement. L’espérance qu’une telle décote ramènera la dette grecque à hauteur 120 % du PIB en 2020 ne tient pas compte de l’impact négatif que les mesures d’austérité auront sur le PIB, sachant que les leaders de la zone euro ont encore exigé le renforcement de ces mesures.

Les propositions concernant l’accroissement des ressources du fonds de sauvetage manquent également d’inspiration. Le chiffre clé de €1 trillion est en dessous de ce qui est nécessaire. En plus, le fonds se base sur le même type de bricolage financier ayant exacerbé la crise. Il est dès lors peu vraisemblable que ces mesures seront suffisantes pour stopper la contagion.

Cet accord s’attaque aux symptômes immédiats de la crise et, en tant que tel, ne fournit pas les conditions nécessaires pour assurer la stabilité financière et la reprise économique. Un tel objectif ne saurait en aucun cas être assuré par la poursuite du cocktail autodestructeur des politiques d’austérité simultanées et déséquilibrées. Au lieu de cela, et par delà les décisions ad hoc du sommet, nous avons besoin d’un ensemble de mesures fortes pour combattre l’évasion fiscale, progresser dans le domaine de l’harmonisation des impôts et dégager des nouvelles recettes publiques.

Après plusieurs tentatives échouées de fournir une solution définitive à la crise de la zone euro, il est désormais clair que les 17 gouvernements de la zone euro ne sont pas en mesure d’apporter les réponses nécessaires en matière de gouvernance économique européenne. Pour un renouveau de l’Europe, nous avons besoin d’un véritable processus démocratique, dans lequel le Parlement européen devra jouer un rôle central. »

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