Elections législatives en Turquie : l’AKP doit faire consensus

14 juin 2011
Le parti de Recep Erdogan, a remporté les élections législatives pour la troisième fois consécutive. Il confirme ainsi sa légitimité au gouvernement. Cependant, pour Hélène Flautre, la Turquie de demain se construira grâce au consensus et au dialogue. Communiqué de presse.
« La large mobilisation des électeurs témoigne de l’intérêt de la population à prendre sa part dans les décisions de la Turquie de demain alors que le barrage de 10 % a incarné, pour ces élections encore, le frein à la représentativité démocratique des électeurs. Je me réjouis que le Parlement issu des urnes soit plus jeune et plus féminin bien que le chemin soit encore long pour consacrer l’égalité des femmes dans la représentation de la population.

L’AKP, remporte un succès considérable, en dépassant la majorité des suffrages exprimés, il a plus que jamais une grande responsabilité dans la réalisation des réformes promises et nécessaires pour l’adhésion de l’UE. Sous la barre des 330 députés, l’AKP devra néanmoins rechercher le dialogue et le consensus pour les grands projets comme la nouvelle Constitution ou la solution de la question kurde. Loin d’être un handicap pour la Turquie, je considère au contraire cette recherche de consensus national comme une chance pour la démocratisation et la réalisation de la paix sociale. La nouvelle élite du parti CHP qui a su prendre une position pour une Turquie d’égalité sociale, respectueuse des droits de l’Homme et ouverte sur la question kurde, est encouragée dans cette voie par les électeurs. Il est désormais temps pour le CHP de concrétiser l’essai et d’incarner une opposition constructive.

Il est temps également de quitter l’atmosphère délétère et violente qui a caractérisé la campagne électorale. Il est en effet impératif que le nouveau Parlement s’approprie les demandes de la société pour une nouvelle Constitution consacrant enfin les libertés individuelles et l’égalité des citoyens, l’Etat de droit comme principes fondateurs. La liberté d’expression, une justice indépendante et impartiale, le renforcement des pouvoirs locaux devraient être les priorités politiques du pouvoir. La question kurde devra être adressée prioritairement dans toutes ses composantes – politiques, civiles, économiques, sociales et culturelles – pour trouver enfin la paix après trois décennies douloureuses. La consolidation du DTP dans les rangs parlementaires doit jouer comme une impulsion supplémentaire à la solution pacifique du conflit. »

– Lire le dossier d’Europeecologie.eu : La Turquie s’impatiente aux portes de l’Union européenne
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