L’Europe s’engage pour une Garantie jeunesse, et la France ?

28 février 2013
Ce jeudi 28 février, les Ministres de l’emploi et des affaires sociales des 27 Etats-membres de l’Union européenne ont voté en faveur d’une garantie pour la jeunesse, visant à « offrir la possibilité à chaque jeune citoyen de l’Union européenne (jusqu’à l’âge de 25 ans) de travailler, de suivre un enseignement ou une formation au plus tard quatre mois après son inscription au chômage ou après être sorti du système éducatif. » Le Parlement européen avait déjà approuvé la Garantie Jeunesse et demandé sa mise en place rapide le 16 janvier dernier.
Pour Karima Delli, eurodéputée EELV, membre de la commission des Affaires sociales du Parlement européen :

« Il y a urgence, une génération toute entière est sacrifiée sur l’autel de l’austérité, et près de 14 millions de jeunes de moins de 30 ans en Europe ne sont ni dans l’emploi, ni dans une formation. Le coût de cette mise à l’écart est de 150 milliards d’euros par an pour l’économie européenne, alors que la mise en place de la Garantie jeunesse coûterait seulement 21 milliards. La Garantie pour la jeunesse est réclamée par les Verts européens depuis des années, car c’est une mesure qui marche très bien aujourd’hui au Danemark et en Autriche. »

Le Gouvernement français, dans son Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, s’engage à : « Inscrire 100 000 jeunes en situation de pauvreté dans un parcours contractualisé d’accès à l’emploi et à la formation. […] Le service public de l’emploi sera tenu de faire des propositions adaptées d’emploi ou de formation aux jeunes concernés, qui devront les accepter pour bénéficier d’une garantie de ressources différentielle d’un montant équivalent au RSA. »

Pour Karima Delli, « le ciblage limité à 100 000 jeunes pose problème : tous les jeunes devraient être ciblés, car tous sont concernés par cette Garantie. De plus, les conditionnalités prévues pour accéder à ce dispositif sont floues. Elles laissent entendre que le gouvernement refuse toujours d’ouvrir le RSA aux moins de 25 ans, une mesure pourtant simple, juste et efficace si l’on veut aider les jeunes à s’insérer dans la vie active.

Par ailleurs, je m’inquiète pour la mise en place concrète de la Garantie. Le Gouvernement ne dit pas comment il entend faire respecter le délai de 4 mois maximum pour proposer une solution pertinente d’emploi ou de formation à un jeune, alors que Pôle Emploi croule sous les dossiers et est au bord de la crise de nerf ! Enfin, le Gouvernement doit préciser le lien qu’il compte faire avec la décentralisation aux régions du service public de l’orientation. Donner la priorité aux jeunes, c’est aussi leur faire confiance. »

Pour Malika Benarab-Attou, eurodéputée EELV, membre de la commission Education et Culture du Parlement européen :

« Cette prise de position du Conseil EPSCO est une étape importante dans la lutte contre le chômage des jeunes. Je me réjouis que cette initiative lancée par le groupe des Verts au Parlement européen ait fait son chemin jusqu’au Conseil européen. Le Commissaire européen Laszlo Andor en charge de l’emploi et des affaires sociales a invité les Etats membres à prendre des engagements sur la mise en œuvre du ‘Paquet Investissements sociaux’ de la Commission européenne.

En France, dans le cadre du ‘plan pour la jeunesse’, Jean-Marc Ayrault a repris l’idée de la création d’une ‘Garantie jeunes’. Je soutiens les mesures mises en place par le gouvernement en faveur de l’emploi des jeunes tout en émettant quelques réserves sur cette ‘Garantie jeunes’ : celle-ci devrait permettre aux jeunes les plus en difficulté d’avoir accès plus facilement aux minimas sociaux (ici l’équivalent du RSA) mais, en échange, les jeunes devront s’engager à accepter les différentes formations ou emplois proposés. L’accès aux minimas sociaux pour les jeunes ‘les plus en difficulté’ ne devrait pas être conditionnel ! Il faut pouvoir leur garantir un accès inconditionnel et non-discriminatoire. Les minimas sociaux doivent permettre de vivre décemment, ce qui signifie que leurs montants ne devraient pas être inférieurs au seuil de pauvreté.

Je regrette également que la France, dans son projet de ‘Garantie jeunes’ ne fixe pour l’instant aucun délai : l’objectif de la Garantie Jeunesse au niveau européen était d’éviter que les jeunes ne se retrouvent définitivement exclus du marché du travail, en leur garantissant un délai d’intervention maximum de 4 mois. »

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