Régions riches et pauvres en Europe : le PIB ne suffit pas à mesurer les inégalités

Les écologistes proposent des critères nouveaux qui permettront de distribuer plus équitablement les fonds européens destinés aux 271 régions qui maillent le territoire de l’Union. Pour les quatre eurodéputés EELV qui sont membres de la commission Développement régional du Parlement, il faut voir plus loin que le seul Produit intérieur brut (PIB) et prendre en considération des indicateurs sociaux et environnementaux.
Au sein des 27 Etats-membres, les disparités économiques et sociales entre les régions sont immenses. La politique de cohésion sert à réduire les écarts entre leurs différents niveaux de développement et à remédier aux inégalités. Elle représente pas moins de 35,7 % du budget communautaire. Et malgré son impact sur la vie quotidienne de 493 millions de citoyens européens, elle n’est pas très connue du grand public. Actuellement, le débat bat son plein sur l’avenir de cette politique dont le nouveau programme couvrira la période 2014-2020. Au coeur des discussions : l’instrument de mesure qui permet de calculer les aides allouées à chaque région. L’UE se base actuellement sur le PIB ce que contestent les écologistes : « Cet indicateur économique et monétaire ne peut pas garantir la justice sociale », estime François Alfonsi. D’ailleurs, « les régions les plus riches sont souvent celles qui cumulent les inégalités », observe Karima Delli.


Le groupe des Verts/ALE vient de publier une étude qui démontre que d’autres indicateurs pourraient mesurer avec plus de pertinence l’état de développement et de bien-être des régions européennes. Ce « PIB + » inclut des critères environnementaux et sociaux. Ils permettent de déceler les poches de pauvreté qui ne bénéficient pas, actuellement, d’une solidarité suffisante de la part de l’Union. « L’Europe doit mettre à disposition une batterie d’indicateurs complémentaires : l’intégration sociale, l’état des ressources et la durabilité environnementale, par exemple, sont constitutifs à part entière du modèle de développement européen, au même titre que la question économique, estime Jean-Paul Besset. C’est fondamental pour mieux répondre aux préoccupations des citoyens. »

« Avec cette étude, les Verts/ALE prouvent que le seul PIB n’est pas un critère efficace pour développer nos régions. A l’heure où la Commission européenne et les Etats-membres cherchent par tous les moyens à maximiser l’utilisation des fonds européens attribués aux régions, nous les invitons à se réveiller : utiliser les fonds, oui ! Mais pour des régions mal ciblées, non ! », conclut Catherine Grèze.


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