Les conservateurs du Parlement européen tirent une balle dans le dos des victimes des pesticides

11 octobre 2017

La Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen votait sur un avis portant sur la directive de protection des travailleurs contre les produits cancérigènes. Un avis qui s’annonçait comme consensuel mais qui a été sabordé par une alliance centre / droite / extrême-droite.

Déclaration de José BOVÉ :

« L’objectif était double :

Intégrer les paysans dans cette directive, parce qu’ils sont, au même titre que les salariés du secteur agricole, les premières victimes de certaines substances chimiques cancérigènes utilisées dans les pesticides, comme le benzène ou le glyphosate.

Protéger au maximum les utilisateurs de ces produits dangereux en alignant la législation européenne sur celle des pays de l’Union qui protègent le mieux les travailleurs.

Dans le domaine de la santé plus que dans tous les autres, l’Europe doit fixer des règles strictes qui soient les mêmes pour tous et empêchent la concurrence entre les pays. Comment en effet pourrions-nous accepter que les travailleurs en France puissent être exposés à 10 fois plus de produits cancérigènes que leurs collègues allemands ou danois ? Comment lutter contre les délocalisations sans créer des conditions identiques pour tous de la Bretagne à la mer noire ?
Pendant les trois mois qu’a duré la négociation, tous les groupes politiques ont soutenu cette position… jusqu’au vote de ce matin ou les masques sont tombés.

Les libéraux (ALDE), les conservateurs (PPE) n’ont pas hésité à s’allier avec les populistes (ENF) pour saborder cette avancée. Il a manqué deux voix pour que ce texte passe et améliore le sort des travailleurs qu’ils soient salariés ou indépendants. Il y a un fossé béant entre les beaux discours que certains font à Paris et la réalité froide de leurs partis et de leur représentants à Bruxelles. Cette hypocrisie est dangereuse et inacceptable.

Alors que les victimes de l’industrie chimique attendent une meilleure réglementation européenne, l’aile conservatrice du Parlement européen leur tire une balle dans le dos. Ceux qui s’en frottent les mains se comptent dans les rangs de Bayer, Monsanto, Syngenta et des autres multinationales de l’agrochimie. »

La balle est désormais dans le camp de la Commission Emploi et affaires sociales, dont Karima DELLI est membre, et qui s’est également emparée du sujet, alors que 100 000 personnes meurent chaque année des suites d’un cancer professionnel et que le cancer est la première cause de mortalité d’origine professionnelle représentant 53% des décès.

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2 commentaires

  • ORESTA dit:
     - 

    Que faudra t’ il faire pour que la santé des hommes priment sur les considérations d’argent?
    Scandale des hypocrisies de nos élus soit disant centristes qui s’allient avec l’extrême- droite. Que de cynisme, que de mensonges!
    Beaucoup de colère, beaucoup d’amertume.
    Mais le combat continue et ne baissons jamais les bras!

  • HINNERBLESSE dit:
     - 

    Aujourd’hui, à Doué la Fontaine dans le Maine et Loire, en France nous venons d’enterrer un ami viticulteur âgé seulement de 52 ans. Il est mort empoisonné par tous les produits phytosanitaires qu’il a utilisé pendant 28 ans. Tous les députés qui se mettent du côté des empoisonneurs par intérêt personnel, par ignorance ou soudoyés par les lobbiystes, ont sur leur conscience,s’ils en ont une, le décès de notre ami. Quel est votre rôle? protéger les populations ou vos intérêts?

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