Pollution de l’air : la France n’a plus droit à l’erreur

Mardi 30 janvier, neuf pays dont la France sont convoqués par la Commission européenne pour un sommet sur la lutte contre la pollution de l’air. Un fléau majeur auquel certains États ne s’attaquent pas avec assez d’ambition.

Invités à cette discussion par le Commissaire Karmenu Vella, les ministres de l’environnement allemand, français, italien, espagnol, hongrois britannique, roumain, tchèque et slovaque devront s’expliquer sur les mesures prises par leurs États respectifs afin de respecter la législation européenne et inverser des statistiques qui font état de 400 000 décès prématurés par an en Europe dont 48 000 en France, imputables à la pollution de l’air (selon l’Agence Européenne pour l’environnement).

Comme le rappelle Karima DELLI, Présidente de la Commission Transports du Parlement européen et Vice-présidente de la Commission d’enquête sur le dieselgate, « Aujourd’hui, dans plusieurs régions d’Europe, respirer tue parce que les pouvoirs publics n’ont pas été capables de faire respecter la loi. Depuis plusieurs années, la Commission tente de mettre la pression aux États faisant planer la menace d’une amende, mais avec quel résultat ? Quand on sait que la première mise en demeure de la France remonte à 2009, on est en droit de se poser la question ! Et l’on peut aisément dire qu’il est temps de siffler la fin de la récré. »

En France,  plusieurs régions comme Paris, Marseille, Lille, Lyon ou autour du Mont Blanc, voient régulièrement les seuils limites d’exposition aux particules fines et au dioxyde d’azote largement dépassés. Le projet du gouvernement français est donc très attendu. Certes, il pourra déjà mettre en avant les dispositions prises par certaines villes comme Paris ou Grenoble ainsi que les promesses déjà faites en faveur d’une transition énergétique des transports (alignement de la fiscalité du gazole sur celle de l’essence, sortie des véhicules à moteur thermique d’ici 2040). Mais d’autres pistes sont à développer en parallèle comme une fiscalité verte ambitieuse qui taxe les véhicules les plus polluants, à commencer par les poids lourds et autres véhicules de livraison, comme cela se fait dans les pays voisins.

De même, après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, plusieurs projets d’infrastructures polluants devront être abandonnés pour donner la priorité à la rénovation des infrastructures existantes. Enfin, pour réduire la pollution en milieu urbain où les citoyens sont surexposés, les solutions qui ont porté leur fruit en Europe doivent servir de modèle : accorder plus de place aux mobilités actives (vélo et marche), renforcer les maillages des transports en commun, bannir peu à peu les véhicules polluants, etc.

Michèle RIVASI, membre de la Commission environnement et santé publique résume : « La Commission européenne ne doit pas flancher quant au respect de la législation sur les seuils d’émissions polluantes. Les États ont l’obligation de prendre des mesures conséquentes pour améliorer la qualité de l’air et rappeler à l’ordre les constructeurs automobiles qui ont abusé pendant des années d’un système défaillant au détriment des consommateurs et de la santé des Européens. »

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