Transports et climat : le Parlement européen réclame plus d’ambition

14 décembre 2017

Jeudi 14 décembre 2017, le Parlement européen a adopté un rapport d’initiative pour une stratégie européenne pour une mobilité bas carbone.

Pour Karima DELLI, Présidente de la Commission Transports du Parlement européen :

« On est en train de perdre la bataille du Climat, c’est en ces termes que le Président Macron s’est exprimé avant-hier lors du One Planet Summit. J’ajoute pour ma part qu’une fois de plus, le secteur des transports est le grand absent en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Dans le rapport adopté aujourd’hui pour une stratégie européenne pour une mobilité bas carbone, les chiffres parlent d’eux-mêmes : les transports dépendent à 94% des énergies fossiles…c’est dire si nous avons une marge de progression ! La pollution de l’air tue chaque année 400 000 personnes en Europe et entraîne des dépenses de santé allant de 330 milliards à 940 milliards d’euros par an. Autrement dit, nous continuons de danser sur un volcan.

Heureusement, des avancées émanent aujourd’hui du Parlement européen, avec cette feuille de route pour les transports. Nous y prônons la mise en place d’une redevance basée sur le principe « pollueur-payeur », mais aussi d’une taxe kérosène pour l’aviation – pire secteur en termes de fiscalité verte, ainsi que la fin de la production des voitures à moteur thermique, en particulier le parc diesel. Le message du Parlement européen aux États-membres et à la Commission est clair : nous exigeons beaucoup plus d’ambition en la matière, pour que les transports prennent enfin leur part dans la réduction des émissions de CO2 afin de respecter les Accords de Paris ! 

La première mesure symbolique pourrait être la révision en cours de la législation des émissions de CO2 des voitures : hélas, faute de courage politique face au lobby allemand, la proposition de la Commission n’intègre pas de quota obligatoire de production de véhicules électriques, contrairement à ce qui se fait en Chine. Le Parlement européen est prêt à saisir cette opportunité pour améliorer cette proposition, afin de protéger le climat, la planète, et les salariés du secteur automobile en Europe.»


L’intervention de Karima DELLI à l’occasion du débat en plénière sur le sujet

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Un commentaire

  • THEVENON dit:
     - 

    BONJOUR,
    Le transfert de la voiture diesel vers la voiture électrique ne servira qu’ à justifier le maintien des centrales nucléaires car on sait que le recharge des batteries, si tout le parc français était équipé en électrique, nécessiterait la production de 15 réacteurs nucléaires difficilement remplaçable à court terme par le production d’électricité renouvelable.
    La Chine d’ailleurs maintient en partie ces centrales à charbon très polluante pour alimenter la recharge des batteries
    Dans l’intervention de KARIMA pas un mot sur le transfert des déplacements des transports de marchandises vers les transports publics et fret ferroviaire existants sans gros investissement et beaucoup moins consommateur d’électricité au passager et à la tonne transportée.
    cordialement
    JL THEVENON