Michèle Rivasi : « La procédure d’enregistrement des remèdes traditionnels à base de plantes reste compliquée et onéreuse »

20 avril 2011
Les eurodéputés EELV organiseront une conférence de consensus d’ici l’été 2011, afin de mettre autour de la table les différents acteurs européens (producteurs, entreprises, universitaires, juristes) impliqués dans le dossier des plantes médicinales. Pour Michèle Rivasi, « la mobilisation et la vigilance des citoyens autour de l’usage et la diffusion des savoirs relatifs aux plantes médicinales est juste », malgré les contre-vérités relayées par la pétition du collectif « médecine naturelle ».
« L’attention du public est une nouvelle fois attirée sur le statut des plantes médicinales en Europe. La directive européenne sur les remèdes traditionnels à base de plantes, adoptée en 2004 prévoit une période de transition dans l’enregistrement des produits déjà sur le marché. Cette période de transition va s’achever le 30 avril 2011. Cette échéance est source de nombreuses inquiétudes et interrogations de la part du grand public, des associations, mais aussi des professionnels de santé, producteurs ou distributeurs jusqu’ici peu informés de l’existence de ce texte et de ses conséquences.

Aujourd’hui par exemple, moins de 200 remèdes traditionnels ont été validés par l’Agence Européenne des Médicaments. Et la liste des plantes communautaires contient à ce jour 215 plantes parmi les 600 envisagées au départ par la Commission Européenne. C’est peu, et cela montre bien que des améliorations sont à apporter dans l’application de ce texte.??
L’initiative de la pétition actuellement relayée sur l’internet francophone est légitime. Le souci de poser un cadre juridique européen ne doit pas justifier de tomber dans les excès de l’hyper-réglementation. La procédure d’enregistrement « facilitée » des remèdes traditionnels à base de plantes reste compliquée et onéreuse, ce qui pose et posera de sérieuses barrières à l’entrée pour les entreprises et petits producteurs traditionnels soucieux de se mettre en règle.?

C’est pourquoi la mobilisation et la vigilance des citoyens dans le domaine de l’usage et la diffusion des savoirs relatifs aux plantes médicinales est juste. Comme il est juste de chercher à contrôler la mise sur le marché des produits à base de plantes à vertus curatives, afin d’éviter de trouver tout et n’importe quoi sur les étals.?Malheureusement, en l’état et à cause de ses raccourcis militants, la pétition proposée par le « collectif médecine naturelle » sera jugée irrecevable par les institutions européennes et caricaturale par les responsables politiques que nous sommes. Légitime au départ, la démarche devient alors très discutable en affirmant un certain nombre de maladresses et de contre-vérités qui nuise à sa crédibilité.?

Exemple de maladresse : la directive de 2004 ne concerne pas les plantes médicinales mais le commerce de remèdes traditionnels à base de plantes. Ce sont deux choses différentes. Attention à ne pas les confondre. Sur le papier, cette directive veut donner un statut juridique aux remèdes à base de plantes, en introduisant une procédure d’enregistrement simplifié. Cette procédure d’enregistrement simplifiée est similaire à celle déjà appliquée en France. Il n’y a donc rien de véritablement nouveau là dedans, si ce n’est l’extension du cadre français à l’ensemble de l’Europe…??C’est pourquoi des organisations comme Nature et Progrès Belgique ou le syndicat Simples assimilent cette campagne à de la désinformation. Les arguments alarmistes mis en avant sont de plus très proches de ceux avancés en 2010 par les britanniques de l’Alliance for Natural Health (ANH)… Arguments sur lesquels l’ANH est revenu, reconnaissant son erreur dans une ?http://www.youtube.com/watch?v=Y7dfDtggadQ?« >vidéo.

Avec mes collègues députés européens d’Europe Ecologie, nous suivons de très près l’application de cette directive et ses éventuels dérives. Nous prévoyons d’organiser d’ici l’été 2011 une conférence de consensus afin de mettre autour de la table les différents acteurs européens – producteurs, entreprises, universitaires, juristes impliqués sur ce dossier. »

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