Pêche UE – Guinée Bissau : Une évolution positive du traditionnel Accord

15 février 2012
Après plus d’une année de discussions, l’Accord de Pêche entre l’Union Européenne et la Guinée-Bissau a été prolongé, cette semaine, voté à Strasbourg par les députés européens. Cette prolongation appelé protocole entrera en vigueur en juin 2012 pour une durée d’un an. Les négociations avaient tardé pour que les parties aient suffisamment le temps d’évaluer les futures relations de Pêche.

Très critiques des Accords de Pêche, la majorité des membres du groupe des Verts européen au Parlement a reconnu toutefois que cette prolongation permettait une avancée pour le respect des droits humains, pour une pêche responsable et pour davantage d’égalité entre les parties prenantes de l’Accord.

Pour Jean-Paul Besset, membre de la Commission parlementaire Pêche : « Nous sommes une majorité à avoir voté en faveur de cet Accord car il répond à l’intérêt des deux parties, l’Union Européenne et la Guinée-Bissau, c’est cette égalité que nous approuvons. Surtout il répond à une exploitation durable de la ressource halieutique dans le respect d’une population et de ses droits, c’est un pas vers une pêche durable. »

Le contenu de l’Accord

Le protocole permet aux pêcheurs européens, notamment français, portugais, grecs, italiens et espagnols de pouvoir pêcher du poisson, des poulpes, des crevettes et du thon dans les eaux territoriales bissau-guinéennes contre un droit annuel de 9,2 millions d’euros par an dont 35% sont redistribués directement à l’Etat de Guinée-Bissau pour aider au développement des pêcheries durables et responsables et pour aider à répondre aux normes sanitaires du traitement des produits halieutiques.
Un comité de gestion des ressources halieutiques a été mis en oeuvre également.

Une évolution positive de l’Accord

Ce renouvellement comprend deux éléments supplémentaires. Le premier est une clause permettant de suspendre l’aide s' »il y a eu violation des droits humains fondamentaux et des principes démocratiques », la deuxième clause permet à l’Union Européenne de suspendre l’aide à l’adaptation aux normes sanitaires si la contribution financière n’est pas utilisée à cet objectif.

D’autre part, dans l’évaluation du protocole précédent menée par des experts extérieurs, il a été précisé que plusieurs espèces comprises dans l’Accord sont exploitées durablement, notamment pour le thon et la crevette. L’évaluation fait part d’améliorations significatives dans l’Accord précédent en ce qui concerne le contrôle de la Pêche (mise en place d’observateurs à bord, bateaux de patrouille et reconnaissance des bateaux non conformes). Ces avancées ont permis d’amoindrir la pêche illégale dans les eaux de Guinée-Bissau.

Pour une meilleure coopération avec la Guinée-Bissau

L’aide financière de l’accord est très importante pour la Guinée-Bissau, elle fournit environ 7,3% du budget de l’Etat et la contribution au secteur a représenté 88% des dépenses inscrites au budget de la pêche. Au total, le protocole a contribué pour environ 1% du PIB du pays.
La majorité des parlementaires a déduit que ce protocole peut contribuer à la stabilité macroéconomique et budgétaire de la Guinée-Bissau.

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