Sommet mondial pour la biodiversité : « Combien pour stopper la crise ? »

9 octobre 2012
Le 11e sommet mondial de la biodiversité vient de s’ouvrir à Hyderâbâd en Inde. Pendant dix jours, ces négociations vont se dérouler en présence des représentants de 160 nations, sous l’égide de l’Onu. Pour Sandrine Bélier, eurodéputée EELV, qui participe à cet événement, il faut sortir cette conférence pour la diversité biologique de l’indifférence : la communauté internationale doit s’engager et lutter contre la sur-pêche, la déforestation et le changement climatique.
Il y a deux ans, à Nagoya au Japon, de réelles avancées avaient été actées : il faut désormais ratifier le Protocole sur l’Accès aux ressources de la diversité biologique et le partage des avantages liés à son utilisation – ainsi que le plan stratégique 2011-2020. Pour Sandrine Bélier, eurodéputée EELV, membre de la commission Environnement du Parlement européen et de la délégation du Parlement à Hyderabad :

« La perte de notre « capital Nature », notre « assurance Futur » s’accélère et les réponses à y apporter ne peuvent plus être reportées. Cette nouvelle Conférence internationale pour la biodiversité doit concrétiser les engagements ambitieux pris, il y a deux ans à Nagoya. L’urgence est déclarée, le constat partagé : 41 % des espèces amphibies, 25 % des mammifères, 20 % des plantes et 13 % des oiseaux sont menacés, 60 % des services produits par la nature ont été dégradés ces 50 dernières années. Les causes sont connues et liées notamment à la sur-pêche, la déforestation, les pollutions ou le changement climatique.

Je trouve inquiétant que ce nouveau sommet mondial pour la biodiversité s’ouvre dans une quasi-indifférence qui pourrait nous coûter cher. La perte annuelle des services écosystémiques est évaluée à 50 milliards d’euros. En 2050, la seule perte de la biodiversité pourrait représenter 7 % du PIB mondial, et cela sans tenir compte du coût social, moral, culturel et scientifique. Cette perte serait irrémédiable et inestimable. »

Et la députée européenne de conclure :

« En 2010, la Communauté internationale s’est accordée sur un plan de sauvetage : avec 20 mesures à réaliser d’ici 2020 (et notamment supprimer les subventions « néfastes » à l’environnement ou lutter contre la sur-pêche) et un mécanisme d’accès et de partage des avantages tirés de la biodiversité (Protocole de Nagoya). En 2012, nous devons évaluer l’investissement nécessaire pour financer ce programme et mobiliser l’argent à cette fin. Cela va être difficile dans le contexte économique actuel. Mais, au regard des enjeux et des divisions entre pays en voie de développement et pays développés, c’est sur la question du financement que se joue la réussite ou non de cette nouvelle négociation. L’UE et ses Etats membres ont une responsabilité particulière. C’est au cours de cette première semaine que nous devrons dire concrètement « Combien » pour stopper la crise et offrir des perspectives d’avenir. »

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