Fichier Monsanto : l’impunité des lobbies doit cesser

Le Monde et France 2 ont révélé l’existence d’un scandaleux « fichier Monsanto », contenant 200 noms de personnalités accompagnés d’une multitude de données mises en forme dans un tableau « faisant apparaitre les opinions politiques et philosophiques d’une personne sans son consentement ». Parmi les personnes visées : José BOVÉ, Karima DELLI et Michèle RIVASI.

Pour rappel, fin 2016, au moment où le fichier Monsanto a été réalisé, nous étions en Europe au cœur de l’intense campagne de lobbying menée par Monsanto pour obtenir la ré-autorisation du glyphosate dans l’Union Européenne et décrédibiliser l’avis du CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) pour lequel le glyphosate est un « cancérigène probable ».

En tant que députée européenne à l’origine de la Commission spéciale sur la procédure d’autorisation des pesticides par l’Union (PEST) au Parlement européen et citée dans ce fichier illicite, Michèle RIVASI déclare : « ceci est un parfait exemple des méfaits de Monsanto. Faut-il s’étonner de ce nouveau scandale ? Malheureusement non. Depuis les Monsanto Papers, les nombreuses enquêtes journalistiques dont cette entreprise a fait l’objet ont constamment montré sa volonté d’user de tous les moyens pour contrôler l’information et influencer les décideurs. Ses manigances « déloyales » ont été souligné le 11 aout 2018, lors du premier jugement du procès Monsanto aux États-Unis.

Avec ce fichier manifestement illégal, Monsanto a été pris la main dans le sac. Nous pouvons tous être scandalisés devant cette prise en otage de l’information. Les lobbies ne respectent pas les lois car, au fond, ils se considèrent au-dessus des lois. Ces agissements illicites sapent notre démocratie. L’impunité des lobbies, des grandes entreprises et de leurs sous-traitants qui exécutent leurs basses besognes, doit cesser. De tels agissements sont inacceptables et sont à condamner avec la plus grande sévérité. Je porte plainte pour que les coupables soient identifiés et punis. »

Interrogé par France 3, José BOVÉ ajoute : « J’ai découvert que j’étais sur cette liste, cela ne m’a pas tellement étonné vu le combat que j’ai mené contre les OGM. J’y suis d’ailleurs fiché comme étant très clairement un acteur principal de la lutte contre les OGM. Un certain nombre de journalistes ont porté plainte. Je vais voir avec mon avocate si je vais également entamer une action pour mise en place de fichiers inacceptables par rapport à la déontologie et à la transparence. »

Karima DELLI déclare de son côté : « fichée par Monsanto comme « nuisible » à leur cause ! Les multinationales avec des méthodes de voyous doivent être mises hors d’état de nuire. Ils s’attaquent à la nature, à la santé et à notre démocratie !
C’est assez logique puisque nous, écologistes, nous luttons contre les lobbies. Ce type de fichage est contraire à la loi, c’est pourquoi nous allons porter plainte ! »

Yannick JADOT, qui avait déjà été espionné par EDF lorsqu’il exerçait la fonction de directeur de campagne à Greenpeace, dénonce de son côté les méthodes illégales des cabinets de lobbying : « Les barbouzeries de Monsanto ça suffit. Les lobbies menacent la démocratie, il est temps d’en finir avec leur impunité. Nous ne nous laisserons pas faire ».

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