CETA : la droite européenne et une partie des socialistes sacrifient le projet européen au nom du big business

15 février 2017
Après plusieurs années de mobilisations qui ont pourtant montré la méfiance des citoyens pour cet accord, l’Accord commercial entre l’UE et le Canada a finalement été ratifié ce midi par le Parlement européen. Réaction de Yannick JADOT.
Aujourd’hui, mercredi 15 février, une majorité de députés européens, droite, centristes et une partie des socialistes rassemblés, a voté en faveur de la ratification du CETA. Le rejet de la résolution montre la profonde confusion existant au Parlement européen. Le front de gauche, les Verts et les socialistes français se sont opposés à la ratification.

Pour Yannick Jadot, député européen EELV et porte-parole des Verts/Ale sur TAFTA/CETA :

« C’est une défaite pour l’Europe et la perspective d’une régulation de la mondialisation qui fasse primer les droits humains, sociaux, et l’environnement sur les intérêts du big business. Une majorité d’élus, droite, centristes et une partie des socialistes de ce Parlement européen est désormais sourde aux inquiétudes fondées de la société civile et à la mobilisation citoyenne, des salariés, des consommateurs et de leurs organisateurs, des collectivités locales, des PME et des juristes.

Le Parlement européen ne tire aucune leçon de la victoire de Trump et du vote du Brexit en augmentant le pouvoir des multinationales et en réduisant celui des citoyens. Car le CETA est avant tout un accord négocié entre Harper, ancien premier ministre canadien et climato-septique notoire et De Gucht, ancien commissaire européen qui a des intérêts dans de nombreuses entreprises. Le conflit d’intérêts est patent et il a irrigué les négociations de cet accord construit par et pour le big business.

Par ce vote, cette majorité déroule un tapis rouge pour l’extrême droite et les nationalismes les plus moisis qui montent partout en Europe et qui a gagné aux États-Unis. Elle fait le jeu de tous ceux qui souhaitent que l’UE se délite pour se jeter dans les bras de puissances étrangères. Face à Trump ou à Poutine, nous avons besoin d’avoir des partenariats forts, non pas pour plus de dérégulation, mais pour construire ensemble les standards environnementaux, sanitaires, sociaux, agricoles et de bien-être animal les plus exigeants, pour combattre ensemble les paradis fiscaux et le changement climatique.

Pour se faire, il faut en finir avec le CETA et nous nous mobiliserons dans tous les pays où nous avons des élus, pour faire échouer les ratifications nationales.

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2 commentaires

  • PELISSON dit:
     - 

    Bravo à Yannick Jadot ,
    Exactement les mots à employer pour dénoncer cet accord CETA de dérégulation qui fait à la fois le lit des multinationales et de l’extrême droite , c’est à se demander si la dictature, le totalitarisme de la finance n’a pas intérêt de s’allier avec la dictature des extrêmes droite comme aux USA
    nous devons nous mobiliser dans tous les pays où nous avons des élus de sensibilité humaniste et écologistes , pour faire échouer les ratifications nationales.

  • martin dit:
     - 

    Les combats du XXI siècle ont pour base en premier lieu l’écologie sur laquelle la cité peut s’organiser. Ces élus qui ont voté cet accord relèvent d’un autre siècle. Ils seront désavoués par l’histoire. Et nous devrons agir de manière à ce qu’un droit d’alerte et de danger grave et imminent au détriment de l’intérêt global soit mis en œuvre et autorise de se défaire des accords qui finalement aboutissent à subordonner à l’intérêt de l’ensemble à l’intérêt de quelques uns. Pour ma part, enfin ceux qui se disent socialistes ont bien perdu leur identité !

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