« Je me réjouis que les négociations avancent en Allemagne vers une décision historique. Cela démontre que la volonté politique suffit pour engager la sortie du nucléaire. La position de la France n’est plus tenable. Après avoir raté le train des énergies renouvelables et les centaines de milliers d’emplois qu’elles créent, la France rate le train du démantèlement dont l’Allemagne va devenir experte. Nous gâchons notre excellence industrielle et une extraordinaire opportunité économique. »
Eva Joly était à Berlin les vendredi 27 et samedi 28 mai. Elle y a rencontré les Verts allemands, notamment Claudia Roth (co-secrétaire des Verts allemands), Jurgen Trittin (ancien ministre de l’Environnement et de la Sécurité nucléaire du gouvernement Schröder et actuel co-président du groupe vert au Bundestag), une des chevilles ouvrières de la sortie du nucléaire en Allemagne, ainsi que Winfred Kretschmann (le ministre-président Vert du land du Bade-Wurtemberg)
« De retour de ce voyage, il m’apparait clairement que la France rate la nouvelle révolution industrielle que l’Allemagne embrasse pleinement avec la transition de son modèle énergétique. Déjà 370 000 emplois dans les énergies renouvelables actuellement en Allemagne, 600 000 d’ici 2020. La France, avec une électricité à 80 % d’origine nucléaire, n’a créé que 50 000 emplois. Combien de temps encore la France va t-elle sacrifier la sécurité et l’emploi sur l’autel du mythe nucléaire ? »
« La France ne doit plus être isolée en Europe. Nous avons discuté ensemble d’un partenariat franco-allemand, un noyau dur autour d’une politique énergétique qui tourne définitivement le dos au nucléaire », poursuit l’eurodéputée. Les Verts allemands et Europe Ecologie - Les Verts élaborent actuellement un programme commun qu’ils adopteront lors des rencontres/débats organisées en septembre à Paris puis en janvier à Berlin.