Mobilisé-e-s contre la solitude et la pauvreté de nos aînés

2 octobre 2012
Ce lundi 1er octobre 2012, la « Journée internationale des personnes âgées », organisée sous l’égide des Nations-Unies, rappelle l’importance d’une solidarité intergénérationnelle dans notre société.
Trop souvent isolées, les personnes âgées souffrent davantage de la solitude, solitude doublée d’une plus grande précarité. Selon une étude de la Fondation de France, la part de la population âgée de + de 75 ans en situation d’isolement est passée de 16% en 2010 à 21% en 2012. C’est d’ailleurs dans la tranche des + de 85 ans que l’on observe les taux de suicide les plus élevés (40 morts par suicide pour 100.000 habitants d’après France Prévention suicide).

En cette journée, placée sous le signe de la fraternité, les eurodéputés EELV veulent sensibiliser les plus jeunes sur la fragilité des conditions de vie de nos aînés.

Selon Karima DELLI, députée européenne EELV et membre de la commission Emploi et affaires sociales :

« Aujourd’hui, près d’un quart de la population française a plus de 60 ans et l’espérance de vie augmente régulièrement. Avec plus d’une personne âgée de plus de 65 ans sur cinq menacée de pauvreté dans l’Union Européenne, la situation des personnes âgées est marquée par de fortes disparités sociales, aggravées par la crise économique et la remise en cause permanente des systèmes de retraites. Il faut changer notre regard sur les aînés ; ils ne sont pas une charge pour la société, ils sont au contraire un maillon important de la transmission de l’expérience collective et de la cohésion.

Promouvoir le vieillissement actif ne doit pas avoir pour but de nous faire travailler toujours plus et toujours plus longtemps, ni de pallier la dégradation du niveau des pensions par l’emploi des seniors dans des conditions de plus en plus précaires. Il s’agit plutôt de favoriser l’activité bénévole et les lieux d’échanges intergénérationnels, sécuriser les revenus et l’accès aux soins des plus fragiles, soutenir et améliorer les emplois de services à la personne ou encore développer des modes d’hébergement adaptés à leur cadre de vie, qui répondent à leurs besoins spécifiques sans les isoler de la société. »

Et l’eurodéputée Malika BENARAB-ATTOU, membre de la commission Emploi et affaires sociales et de la commission Culture et Éducation d’ajouter :

« Amadou Ampaté Ba, philosophe malien a dit : « Un vieillard qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle ». Ce qui est vrai en Afrique l’est également en France et en Europe. L’enjeu de la transmission (des connaissances, des émotions, de l’histoire vécue) ne doit pas être négligé dans nos sociétés. Il s’agit de développer les relations intergénérationnelles, de ne pas cloisonner les personnes en catégories d’âges, de créer et de faire vivre des lieux de partage, d’action et de formation communs à tous.

A l’occasion de cette journée internationale des personnes âgées, je tiens à exprimer mes vœux de solidarité et de bien-être à l’ensemble de nos ainé-e-s, et particulièrement à ceux et celles qui sont seul-e-s et qui souffrent. La question des droits sociaux des personnes âgées doit être prise en charge, les femmes, veuves en particulier, ont souvent des revenus modestes parfois insuffisants : les revenus de réversion et surtout le minimum vieillesse actuel entrainent des situations de précarité indignes d’un pays comme la France.

J’en profite pour lancer une alerte sur les conditions difficiles d’existence des « Chibani-a-s », ces personnes âgées issues de l’immigration, et dont les mains et la sueur ont contribué à bâtir la France des Trente Glorieuses. Une prise de conscience en France commence à se faire sentir dans les différentes instances, grâce au militantisme d’une poignée de personnes, indignées par le sort injuste de ces « Chibanias et les Chibanis ». Je relaie ici l’appel du collectif « Justice pour les Chibanias » »

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