Journée mondiale d’action pour le travail décent : bannir du dictionnaire le mot précarité

Ce dimanche 7 octobre, dans le monde entier, syndicats et ONG se mobilisent pour la Journée mondiale d’action pour le travail décent. Une journée symbolique tandis que la crise économique mondiale épuise le moral des salariés menacés par de multiples plans sociaux et affecte les jeunes, sans emploi, sous-payés et fortement précarisés.
Cette manifestation prône le respect de la dignité humaine et rappelle, qu’au cœur de la réflexion sur le travail, ce ne sont pas les profits qui doivent contrôler les salariés, c’est l’homme qui doit primer. Cette mobilisation est soutenue par les eurodéputé-e-s EELV.

Pour Karima Delli, eurodéputée EELV, membre de la commission emploi et affaires sociales :

« Au cours de la dernière décennie, en France comme en Europe, la fierté du métier et le goût du travail soigné ont été regardés comme des archaïsmes. La promotion de la « culture du résultat », d’abord financier, a encouragé le mépris du travail réel. Une évaluation aveugle sur la création collective a promu un triste individualisme de masse.

La concurrence de tous contre tous, l’intensification et la standardisation débouchent sur un travail dans lequel on ne se reconnaît plus, abîmant la santé des salariés et l’efficacité des entreprises. Du côté des pouvoirs publics, la question du travail a été enterrée, on ne s’est préoccupé que de l’emploi et de ses chiffres toujours plus mauvais, sans réfléchir au contenu de cet emploi.

Au niveau européen, nous exigeons de la Commission européenne qu’elle fasse des propositions politiques et juridiques fortes en matière de conditions de travail. Cela passera notamment par une Stratégie européenne de santé et de sécurité au travail cohérente et ambitieuse. »

Malika Benarab-Attou, eurodéputée EELV, membre de la commission emploi et affaires sociales, ajoute :

« On parle souvent d’un « modèle social européen »… celui-ci n’est-il pas menacé face à la crise financière et les politiques d’austérité ? Les 27 pays de l’UE ont des systèmes sociaux très différents; ils mettent parfois les citoyens européens en compétition. A cela s’ajoutent des taux de chômage importants. La précarité en Europe touche trop de citoyens. Aujourd’hui avoir un emploi n’assure ni un revenu, ni un travail décents. Ce n’est pas acceptable ! Il faut être ambitieux et renouer avec le rêve européen pour permettre à tous une vie bonne. Comment ? En harmonisant les systèmes de protection sociale et en créant un socle de droits sociaux communs à tous les citoyens. »

Et Catherine Grèze, eurodéputée EELV et coordinatrice de la commission du Développement de souligner :

« Le constat est valable pour le Nord, mais plus encore pour le Sud, où l’économie informelle atteint des taux très élevés. En Amérique Latine par exemple, 60% des jeunes ont un emploi informel et ne bénéficient pas de protection sociale ni de droits du travail.

Cette précarité extrême dérive d’un manque de respect des normes internationales. A quand l’établissement d’un véritable socle de protection sociale? Les gouvernements doivent également reconnaître comme juridiquement contraignantes les obligations en matière de droits de l’homme consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et les principaux traités internationaux relatifs aux droits de l’homme, notamment le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Rappelons enfin que la précarité dans les pays du Sud émane largement de l’action des pays du Nord. Par leur volonté de perpétuer à tout prix leur modèle de développement, ils signent des accords commerciaux inéquitables et peu respectueux des droits, engendrant des conditions de travail néfastes pour les populations du Sud. »

Pour plus d’information, visitez la page : www.2012.wddw.org/fr

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