Stratégie biodiversité 2020 : Plus d’intégration dans les politiques sectorielles

24 avril 2012
L’Union européenne n’ayant pas réussi à atteindre son objectif 2010 en matière de biodiversité, la première priorité politique devrait aller à la préservation et à la restauration des écosystèmes endommagés, estiment les députés dans un projet de résolution qui a été voté ce vendredi 20 avril.
Le Parlement européen vient d’adopter sa position sur le plan stratégique européen visant à mettre un terme à l’érosion de la biodiversité d’ici 2020. Ce texte est une étape clé dans la mise en œuvre du Plan stratégique adopté à Nagoya en octobre 2010. La balle est maintenant dans le camp du Conseil pour assurer une mise en œuvre pleine et entière du texte.

Pour Sandrine Bélier, Députée européenne, membre de la commission environnement du PE:

« Ce rapport propose une nouvelle stratégie pour lutter contre la perte de la biodiversité dont la course s’accélère dangereusement. Il nous rappelle combien nos systèmes et notre avenir sont intimement liés à la préservation de notre capital naturel et génétique : pour notre alimentation, notre santé, la lutte contre le dérèglement climatique… Il met en exergue combien notre futur développement économique est lié à notre capacité à préserver notre biodiversité. »

Quelques minutes avant le vote, Sandrine Bélier, rapporteure pour le Groupe des Verts/ALE, rappelait :

 » Nous perdons chaque année 3% du PIB mondial en raison de la perte de la biodiversité. Les coûts de l’inaction sont bien supérieurs aux couts d’investissements nécessaires. Enfin il y a urgence à prendre des mesures avant que la facture ne devienne trop salée – que le crédit engagé ne soit plus remboursable! « 

La députée EELV souligne aussi que ce rapport insiste sur la nécessité d’inscrire les stratégies de développement dans une vision à moyen et long terme. Il faut intégrer les enjeux de préservation de la biodiversité dans l’ensemble de nos politiques sectorielles; la politique agricole commune, la politique commune de la pêche mais aussi la foresterie.

Sandrine Bélier a exhorté les députés conservateurs à ne pas rejeter le déblocage de la Directive-cadre sur les sols :

« Avec 48% des terres européennes fortement dégradées, la Commission estime à près de 40 milliards d’euros par an les « réparations ». Seule une action ambitieuse au niveau européen peut permettre de sortir de la spirale infernale de l’artificialisation de notre terre. « 

La stratégie adoptée, Sandrine Bélier se réjouit que les demandes des Verts aient été reprises :

 » L’adoption du développement de financements innovants et la suppression des subventions publiques néfastes à l’environnement sont des avancées majeures. De plus, notre rapport reconnaît que l’accent doit prioritairement être mis sur l’intégration de la biodiversité dans l’ensemble des politiques sectorielles, notamment en matière de politiques agricole et de pêche. »

Et Sandrine Bélier de conclure :

« C’est maintenant qu’il faut agir car nos actions se mesureront bien avant 2020 : je pense bien sûr aux réformes de la PAC et de la PCP. C’est parce que nous devons tirer les leçons des erreurs passées et nous tourner vers l’avenir, et au-delà de l’Europe, que nous devons nous inscrire dans la perspective du prochain Sommet de la Terre à Rio en juin 2020. Ce rapport est une des étapes clé de notre détermination et du rôle de l’UE à prendre le leadership pour réussir là où hier nous avons échoué. »


Biodiversité : intervention de Sandrine Bélier… par EurodeputesEE
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2 commentaires

  •  - 

    Il serait temps d’enfin se préoccuper de la préservation de la biodiversité et par là-même de la diversité du patrimoine génétique.
    Nous, écologistes l’avons toujours fait, mais qu’en est-il des politiques, qu’en est-il des banques ? Pour le moment on ressent plutôt une lutte féroce contre la biodiversité, la standardisation des volailles, des fruits et légumes et j’en passe nuit à la qualité, à la santé et à la reconnaissance du goût.
    Les banques vont-elles suivre un jour ceux qui oeuvrent pour maintenir cette biodiversité ? Je l’espère car ce n’est pas avec nos fonds propres que l’on peut aller très loin. Chacun oeuvre un peu dans son coin et un rassemblement de toutes ces volontés est nécessaire. La WPA, le CEDAG, des ONG comme Solidarité Action RDC et bien d’autres oeuvrent en ce sens.
    Luttons contre les énormes firmes agro-alimentaires qui veulent imposer de la merde à la majorité des Français, des Européens … Et hélas de bien d’autres peuples qui s’en trouvent affaiblis.
    Nous avons besoin d’aide, car ces luttes coûtent cher et il ne faut surtout pas qu’elles s’effondrent !
    Commençons dès aujourd’hui, demain il sera trop tard (cf : lire l’article à paraître en juin sur le bulletin de la WPA France).
    Aidez-nous, nous vous le rendrons au centuple.

  • Michel Dubouillé Guyane Ecologie dit:
     - 

    Je voudrais ici apporter ma maigre participation en félicitant sandrine pour son intervention et lui dire combien nous sommes attentifs, en Guyane, à la suite de ce débat.
    En effet avec les permis de recherche de pétrole off-shore en Guyane les risques étant supérieurs à ceux du golfe du mexique (forage de +4000m à 2000 metre de profondeur au large de la Guyane). Aucun principe de précaution n’a été observé alors que l’union le recommandait en attendant une directive sur la règlementation du pétrole off-shore.
    C’est notre mangrove qui serait touché, avec toute les difficultés pour la netoyer, et donc non seulement tous ce que représente de richesse cette biodiversité la mangrove mais aussi notre ressource halieutique.

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