Un réveil européen des consciences difficile

28 juin 2013
Ce vendredi 28 juin 2013, nous avons eu le privilège au sein de la délégation UE-Turquie que je co-préside de recevoir un homme politique remarquable, Moaz al Khatib. Utilisant un langage posé, fédérateur, ce membre et président démissionnaire charismatique de la Coalition des forces d’opposition et forces révolutionnaires (reconnue par le Conseil fin 2012 comme représentant légitime du peuple syrien), emprisonné à deux reprises par le régime Assad, nous a exposé sans fard la situation actuelle en Syrie.

Loin des discours diplomatiques policés, il a partagé avec les députés des expériences traumatiques en Syrie. Il a reproché à l’UE ses logorrhées dénuées de toute action concrète, visant exclusivement à satisfaire l’opinion publique européenne et à soulager les consciences. Dès lors à quoi bon une énième conférence si elle n’aboutit à aucun changement alors que le temps passé se mesure en souffrance croissante en Syrie?

D’après l’ancien Président de la Coalition, la perspective d’un Genève II s’éloigne sous l’intervention de forces armées étrangères, en premier lieu du Hezbollah, qui souhaitent appuyer la confessionnalisation des combats encouragée par le régime. Même la proposition d’accorder un sauf conduit à Assad ainsi qu’à cinq cents de ses proches accompagnée d’une amnistie générale pour tous les combattants a été ignorée par le régime.

Pendant ce temps, l’inaction européenne et la division de la communauté internationale n’ont fait d’après lui que diviser l’opposition, laquelle n’est pas répartie selon des lignes ethniques mais bien suivant des lignes politiques ainsi que l’illustre le cas kurde. Face à un désengagement croissant des États-Unis et à un blocage Russe, l’ancien Président de la Coalition appelle l’UE à jouer un rôle clef d’intermédiation et d’initiateur de par sa proximité historique, politique, économique et culturelle avec les protagonistes. La priorité doit être de rétablir la sécurité des civils en créant notamment des zones refuges dans le Nord de la Syrie, des no fly zone et des corridors humanitaires.

Il a également fait appel à la communauté internationale. Elle se doit d’éviter le sacrifice d’une génération de Syriens, coupés de toute instruction sous l’effet de deux ans de guerre civile. Le maintien d’un certain niveau de connaissance, en particulier universitaire, est indispensable pour le futur de la Syrie, c’est pourquoi il appelle les amis du peuple syrien à mettre en place des systèmes de parrainage et de bourses universitaires dans leur propre pays.

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